Une rose seule

Muriel Barbery

Deuxième livre du circuit de la Bibliothèque Orange et cinquième roman d’un auteur connu et reconnu. Confiante, je me suis lancée dans la lecture de ce livre très court (157 pages) en supposant pouvoir l’avaler d’une traite. J’ai mis dix jours et ils m’ont paru une éternité !

Moi qui envisageais de lire son best-seller "L'élégance du hérisson"... je vais peut-être réfléchir. 

L'histoire :

À l’appel d’un notaire et suite au décès d’un père qu’elle n’a jamais connu, Rose arrive à Kyoto au Japon. Accueillie par l’intendante, le chauffeur et l’assistant du défunt, elle est guidée jour après jour dans la ville et ses alentours, de jardins en temples, de bars en restaurants, selon un circuit prémédité dont le point d’arrivée est le rendez-vous notarial. Plongée au cœur de ses racines, de son histoire, Rose découvre ce pays inconnu et chasse peu à peu colère et rancœur pour s’ouvrir et s’approprier les lieux et les rencontres qui ont fait partie de la vie de son père.

Mon avis:

Dès les premières lignes, j’ai compris qu’il me serait compliqué d’aller au bout. Ce fut effectivement laborieux. Le style d’écriture, le récit quelque peu désordonné pour une histoire pourtant simple… Je ne suis pas rentrée dedans. De plus, la quatrième de couverture n’est pas franchement révélatrice des écrits. On imagine une histoire intéressante, même si peu originale et déjà lue, mais on est très vite déçu. L’auteur se veut poétique, garnissant tout le récit de fleurs – omniprésentes – et du vocabulaire s’y ramenant, en présentant des parallèles et situations imagées. Eh bien, c’est sacrément lourd, voire inadapté, malgré que les arbres et fleurs restent la symbolique du Japon, ça on a bien compris.

En lisant certaines critiques dithyrambiques, je me dis que je n'ai clairement pas saisi ce que l’auteur a souhaité développer, c’est évident ! Mais lorsque je pense lire un roman et que je découvre un guide sur la botanique ou le classement des meilleurs restaurants à Kyoto, quelque chose m’échappe.

Alors, oui, on devine l’intrigue, quoique légèrement poussive, et l’on s’accroche pour espérer justement être entraîné, ce avant le dénouement, tant qu’à faire. OK, celui-ci n’est pas trop mal, mais je suis désolée, ce n’est pas suffisant pour rattraper tout le reste.

Entre métaphores, citations spirituelles et longueurs (ce qui est presque une prouesse dans les romans très courts comme celui-ci), pour ne pas dire lenteurs, je me suis ennuyée.

Rose, l’héroïne n’est pas attachante, tout comme les autres personnages, d’ailleurs. Les scènes dans les lieux traditionnels, les temples, jardins, restaurants emblématiques sont redondantes et assommantes. Quant à la pluie, le vent, les arbres, les oiseaux, les camélias, les pivoines, les œillets, les iris… ça tourne en boucle et finit très vite par manquer d’intérêt.

L’on découvre néanmoins au travers des lignes la composition et les saveurs uniques des mets japonais, décrits avec soin, et l’on procède à un semblant de visite de la ville. Mais était-ce l’objectif ? Je n'en suis pas certaine.

Je rêve depuis toujours d’un voyage au Japon, mais ce roman n’a pas aiguisé davantage mon envie et ma curiosité ! Dommage.

 

Pour résumer, je dirais que la lectrice que je suis est passée à côté de l'oeuvre !

À côté de l’histoire, du style, des messages de l’auteur…

Et pourtant, ce roman fait partie d’une sélection de quarante livres de l'année 2020, soigneusement lus et choisis par un comité exigeant…

Eh bien je confirme l’adage : tous les goûts sont dans la nature, surtout en matière de littérature. Alors je les respecte !