Un peu de tourisme... vert.

Aujourd’hui, je vous emmène en balade du côté de Souillac, point le plus méridional de notre belle île australe. Cette petite bourgade tranquille doit son nom au vicomte français qui gouverna l’île de 1779 à 1787.


Ici, la côte est sauvage, escarpée, les courants marins sont puissants, et pour cause : c’est l’un des seuls coins de l’île où la barrière de corail s’interrompt. Vous avez déjà pu découvrir dans Ma galerie quelques clichés – entre autres – du site de Gris Gris surplombant la large plage et les rouleaux impressionnants qui déversent sur plusieurs dizaines de mètres une écume mousseuse avant de venir s’écraser aux pieds des à-pics de basalte noir. J’ai cette fois-ci poussé plus loin ma petite randonnée pour longer ces derniers jusqu’aux Lodges d’Andréa, près des gorges de la Rivière des Anguilles. Ces écolodges de luxe sont posés au bord des falaises et offrent une vue sur le jardin ou l’océan qui s'agite en contre bas.


Maurice, depuis toujours, représente pour les visiteurs un panel d’images bien connues. Sa capitale grouillante, symbole d’un riche creuset ethnique et culturel. Ses plages de sable blanc, ses lagons magnifiques et ses rangées de cocotiers et de filaos inclinés par les vents. Ses nombreux temples hindous colorés. Ses demeures créoles, précieux vestiges coloniaux de l’industrie sucrière du XIXe siècle. Sans parler des innombrables hôtels de luxe, des spots de kitesurf, des fabuleux parcours de golf… pour le plaisir des touristes aujourd’hui malheureusement absents du territoire – la faute à la COVID. Mais finalement, ce que l’île Maurice possède aussi, mais qui reste peu exploité, ce sont ses sentiers de randonnées et de balades sur ses reliefs singuliers menant le marcheur jusqu’aux panoramas les plus époustouflants.

Je vous le concède, mes vingt années dans le tourisme me collent encore à la peau, et j’ai toujours aimé faire l’article à mes clients pour mettre en avant les trésors de chaque destination.

Si Maurice n’a jamais cherché à concurrencer la Réunion sur ce terrain, son tourisme vert a le mérite d’exister et nous offre de très belles marches à travers chemins de terre, champs de canne à sucre, rivières entrecoupées de petites cascades et chutes rafraichissantes.

C’est un peu honteuse que je vous avoue aujourd’hui profiter différemment de ce que l’île réserve aux chanceux dont je fais partie : des plages magiques préservées de la foule et des sites uniques à la végétation foisonnante… rien que pour nous, résidents restés au calme.


Nous étions une vingtaine (tout de même) à avoir profité mardi matin, dans la joie et la bonne humeur, de cette très belle découverte d’une dizaine de kilomètres qui s’est ponctuée par un déjeuner chez Rosy à Gris Gris, l’une des meilleures tables locales de l’île que j’honorais pour la troisième fois, faisant fi de l'heure et demie de route depuis chez moi, toutes papilles en alerte, pour savourer ses divines langoustes, grillées ou en cary, à un prix défiant absolument toute concurrence !

Avant de remonter bien repus vers notre côte est, une escale au pittoresque cimetière marin de Souillac nous a révélé des tombes du XIXe siècle, dont celle du renommé poète mauricien Robert Edward Hart (1891-1954). Il vécut les treize dernières années de sa vie dans un cottage tout en corail, en bord de plage à Souillac, et transformé en petit musée qui abrite encore sa vaisselle, son chapeau, sa pipe…


J’avais envie de partager avec vous cette journée, bulle d’oxygène et de nature pour vous dire ô combien Maurice recèle de trésors bien loin des plages et des cocotiers.

Ici, sur le littoral sud très découpé, ses courants trop dangereux pour la baignade régalent cependant tous les amateurs de photo. Puis, lorsque l'on s'enfonce dans la végétation dense et luxuriante, nos yeux découvrent un camaïeu de verts qui n'est pas sans rappeler quelques régions d'Indonésie.

Régalez-vous !




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