Approchez… mais pas trop… que je vous présente un nouveau personnage ! Sapristi !

Vous connaissez déjà Alex, le chat de papy dans mon roman, aujourd’hui je vais vous parler de Philippe, l’un des protagonistes engagés dans le sauvetage du Domaine de Courtenlice où il exerce depuis trente-quatre ans.

Philippe est le comptable du Domaine et manie les chiffres avec une précision de psychopathe ; ce n’est pas à la virgule près qu’il exige les sous-totaux, totaux et… la tête à Toto, mais plutôt au centième près ! Un vrai maniaque ! Et si je vous demande d’approcher, mais pas trop, pour lui être présenté, c’est parce qu’après la première exigence de Philippe qui consiste à ce qu’autrui respecte au dixième de dixième près sa comptabilité, la seconde est tout aussi primordiale pour lui : que l’on reste à distance de son espace vital. Il peut, si vous pénétrez dans ce dernier, se mettre à transpirer ardemment et révéler quelques spasmes nerveux.

Lorsqu’il arrive au Domaine en 1984, il a tout juste vingt ans, et vingt-cinq ans de moins que le directeur et fondateur de l’établissement, André de Courtenlice, qui le prend sous son aile. Il faut dire qu’André est un homme bon comme on en fait « presque » plus, qui dirige tous ses employés avec reconnaissance et bienveillance. Les deux hommes sont très différents – je dirais même à l’opposé – mais partagent au fond et depuis toujours les mêmes valeurs et principes. André s’appuiera d’ailleurs durant toute sa vie sur cet homme de confiance.

Une rapide description physique vous permettra aisément de l’imaginer, tant son look est singulier. Philippe alterne entre costumes trois pièces aux motifs géométriques, à rayures, à carreaux (gilet, pochette et nœud papillon compris), aussi loufoques que colorés, et la panoplie ringarde du début des années quatre-vingt où le velours côtelé et le jacquard étaient les stars des magazines de mode. Ce qui ne change jamais, en revanche, dans son accoutrement, c’est ce qu’il porte aux pieds : ses sempiternels souliers vernis.

Philippe est un vieux garçon de cinquante-quatre ans qui se sert encore d’un monocle et lisse convulsivement ses improbables bacantes brunes. Il vit seul et personne ne sait d’ailleurs vraiment si une autre femme que sa mère a un jour fait partie de sa vie. Par respect pour cet homme discret et loyal, personne ne lui a jamais posé la question, et je doute finalement que cela puisse intéresser quelqu’un.

L’originalité de Philippe est donc dans ses petites manies de vieux garçon, ainsi que dans son affublement qui lui vaut dans l’histoire et en secret un surnom évocateur en raison de sa ressemblance avec un célèbre personnage de fiction. Non ! je ne vendrai pas la mèche ! Mais sa singularité tient davantage dans son vocabulaire : un florilège d’expressions surprenantes et totalement inusitées de nos jours. Si vous connaissez quelqu’un qui ponctue chacune de ses phrases d’un « Saperlotte ! » ou d'un « Ventrebleu ! », il se pourrait bien qu’il s’entende à merveille avec notre cher Philippe !

Vous découvrirez bientôt ce drôle de moustachu d’un autre temps, ses bizarreries de langage, sa folie des tableaux Excel et des calculs, sa phobie du contact, mais aussi son investissement aux côtés des deux héroïnes de Envoie-moi un signe, papy pour tenter de résoudre le mystère de Courtenlice.

Tenez-vous prêts, sapristi !

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