Minute, papillon !

Aurélie Valognes

Auteure préférée des français en 2018, Aurélie Valognes possède un style simple et accessible, rendant la lecture de ses romans agréable.

Elle nous plonge dans des univers familiers, contemporains, où il est facile de s'identifier aux personnages.

L'histoire :

Rose, mère célibataire de 36 ans, n’a jamais vraiment pensé à elle, s’est toujours effacée face aux autres et a toujours vécu pour les autres. Après la disparition de son papa, viennent les bonne résolutions pour donner un sens à sa vie. Mais ce qui suit n’est pas plus gai. Sans rien comprendre, elle perd bientôt son emploi de nounou dans lequel elle s'est toujours grandement investie, et son fils Baptiste qui, las d'être encore couvé à 18 ans, quitte le nid pour s’installer avec sa copine. Comment maintenir le cap quand tout s’effondre autour de soi ?

Faute de garder des bambins, Rose se tourne vers la génération Séniors en acceptant une place inopinément bien payée comme dame de compagnie auprès de Colette, une vieille toquée hypocondriaque qui vit avec sa fille Véronique, aussi tyrannique et détestable que précieuse. Le binôme est surprenant, le trinôme le sera encore davantage ; cette drôle de rencontre va changer la vie de Rose. 

Mon avis:

Bizarrement, j'ai eu du mal au départ à m'attacher à l'héroïne, trop larmoyante, pas très fun ; vous savez, ces gens qui se complaisent dans la complainte ! Il est vrai qu'au fil de l'histoire – pauvre Rose –, sa triste vie bat de l'aile. Entre son fils unique adoré qui s'échappe en courant et sa sœur Lili, restée très proche et faisant office de meilleure (et seule) amie, qui vient d'être promue à l'autre bout de la France ; rien ne va plus. Néanmoins, le sentiment d'injustice et de malchance ne gagne pas pour autant en crédibilité.

Et puis, je dois l'avouer – et le talent de l'auteur réside certainement ici –, Rose augmente peu à peu son capital sympathie et nous offre de belles surprises, de bons moments. L'on découvre des situations cocasses et de jolis portraits, comme Edgar, le cafetier ou Georges, le gentil chauffeur de Madame. L'on finit même par s'attacher à Pépette, la chienne à l'agenda surbooké de Véronique Lupin.

La relation entre Rose et Colette se façonne, nous attendrit, nous fait rire, aussi. Celle avec son fils (qui ne ménage vraiment pas sa mère, mais je vous laisse découvrir ce qui les attend) finit par la faire réfléchir, puis fléchir. 

 

Même si tout ceci (y compris la fin) manque d'originalité, la plume d'Aurélie Valognes, pleine d'humour, participe grandement au plaisir de la lecture.

L'histoire est gentillette, mais rafraichissante, joyeuse et émouvante.