Mémé dans les orties

Aurélie Valognes

Il s’agit du troisième roman de cet auteur que je lis, qui se trouve être son premier – auto édité – et l’un des grands succès de 2014.

Tout comme Agnès Ledig, il y a chez Aurélie Valognes du bon… et du moins bon. Verdict pour celui-ci : superficiel et léger.

L'histoire :

Ferdinand Brun est un vieux (et méchant) grincheux qui vit seul avec sa chienne Daisy dans son appartement du premier étage, sale et encombré, au milieu de ses voisines du troisième et quatrième... âge. La concierge, madame Suarez, a fait de Ferdinand son ennemi numéro un, celui-ci le lui rend bien. Lorsque Daisy le quitte, écrasée par un bus, son existence n’a alors plus aucun sens.

C'est une fillette très précoce et une voisine nonagénaire qui vont venir chambouler sa pauvre petite vie.

Mon avis:

Un roman simple et léger, mais un peu trop scolaire. C’est à ça que l’on reconnait finalement les « premiers » romans : une articulation bien nette, une rédaction trop académique. Le style est cependant empreint de fraîcheur, rendant la lecture agréable. L’intrigue est quelque peu superficielle et manque de profondeur, mais le tout est bien orchestré. Les personnages sont bien campés et l’on déteste immédiatement Ferdinand, sa mauvaise humeur permanente, son attitude imbuvable. Il agit avec son entourage comme il a toujours agi avec sa femme, sans respect ni considération, sans amour. Et lorsque l’on apprend que cette dernière a demandé le divorce à un âge très avancé, on la comprend aisément. De l'autoritaire madame Suarez, nous ne savons trop que penser. Il en faut de la bravoure pour supporter cet homme aigri, mais la concierge ne cache-t-elle pas un autre jeu?

C’est avec un peu trop de facilité à mon goût que deux de ses voisines – séparées par trois générations – s’introduisent cependant et bien malgré Ferdinand dans son espace vital pour le transformer rapidement en quelqu’un de bien, de meilleur.

Autre bémol : les propos de la petite Juliette sont surfaits et peu crédibles, je dirais même que les dialogues sont souvent un peu absurdes, mais sa spontanéité parvient néanmoins à faire sourire le lecteur.

Quelques péripéties amusantes sauvent le récit et lui apportent un certain dynamisme, au milieu des situations bien trop souvent « téléphonées ».

Un petit roman « feel-good » pour la détente et l’évasion, mais sans grande surprise, trop caricatural, bien trop prévisible.

 

Il ne m’a donc pas convaincue, et heureusement qu’Aurélie Valognes s’est rattrapée ensuite (pas sur tous ses titres, malheureusement) et qu’elle nous a prouvé qu’elle pouvait faire mieux !

Voir ma critique de Minute, papillon !

 

Mémé dans les orties reste à lire, mais pas à relire !