la bûche - 1999

La scénariste et réalisatrice française Danièle Thompson nous livre ici une fresque contemporaine délicieuse. À son palmarès, et pour rappel, un nombre incalculable de succès dont : La Grande vadrouille (1966), La Folie des grandeurs (1971), La Boum (1980 et 1982), L'Étudiante (1988), Fauteuils d'orchestre (2006), Le Code a changé (2009), etc.

J'adore sa sensibilité et sa façon de traiter des sujets légers et graves, de la comédie romantique à la critique merveilleusement caustique de la société.

 

La Bûche, c'est l'histoire de trois soeurs très différentes qui s'apprêtent à se retrouver pour le réveillon de Noël, chez l'une d'entres elles, Sonia. Milla (Charlotte Gainsbourg) est indépendante, rebelle, mais un peu perdue. Louba (Sabine Azéma), chanteuse et danseuse de cabaret, vit avec son vieux père nostalgique (Claude Rich), violoniste russe à la retraite, et entretient une relation depuis des années avec un homme marié. Sonia (Emmanuelle Béart) est une bourgeoise aigrie et malheureuse qui se veut conformiste, mais cache bien son jeu.

Une comédie très bien rythmée qui dépeint un joli tableau de vie et nous emporte, sur fond de magie de Noël, dans les secrets du passé d’une famille pas comme les autres.

 

Le scénario est poussé à la perfection. Les dialogues caustiques font mouche et le jeu des acteurs est riche et accompli ! Une bouffée d’émotions et de sentiments, distribuée pendant presque deux heures avec une justesse incroyable. Les personnages sont aussi névrosés que touchants, incapables d’aimer, d’aimer comme il faut, pris au piège de leur histoire, passée et présente, et tout ça les rend incroyablement attachants.

Le spectateur s’identifie forcément aux personnages et se laisse emporter par l’intrigue en apparence ordinaire mais qui dévoilera un drôle de secret. On trouve dans La Bûche des rapports humains tendres et conflictuels, des difficultés de vie d’aujourd’hui, des aspirations et des manques. On navigue entre gravité et légèreté, mensonges et vérités, grincements de dents et compassion.

Les scènes sont touchantes, cyniques ou cocasses, mais surtout extrêmement bien travaillées et interprétées.

J’aime tout le casting (avec en plus : Isabelle Carré, Françoise Fabian, Jean-Pierre Darroussin…), l’ambiance, les dialogues piquants, les musiques, les images et les couleurs, le réalisme… tout est soigné.

Merci, Madame Thompson !